Quel est le futur de l’IoT ?

La prochaine phase d’évolution de l’infrastructure informatique est celle de l’Internet des objets (IoT). Particulièrement les plates-formes qui traiteront une grande partie de la charge de données provenant de millions, voire de milliards d’appareils connectés.

Toutefois, un écosystème de données de cette envergure prend du temps à se mettre en place. Alors, à l’approche 2020, quel est l’état d’avancement de l’IoT ? et qu’est-ce qui est susceptible de prendre forme au cours des prochaines années ?

Bien qu’il produise déjà d’énormes volumes de données, ce n’est rien comparé à ce qui va se produire au cours de la prochaine décennie. Pratiquement tout ce que nous voyons, touchons, et peut-être même des parties de notre propre corps, générera bientôt des flux de données continus vers des éléments de traitement et de stockage. Dans des installations de données centralisées, elles seront analysées, combinées et manipulées.

L’IoT prend de l’ampleur

Selon Zebra Technologies, l’entreprise moyenne a investi 4,6 millions de dollars dans l’infrastructure IoT au cours de l’année écoulée, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2017. Environ 84 % des entreprises comptent terminer l’implémentation de leur IoT d’ici 2021, bien qu’il s’agisse certainement d’une fausse vérité. En effet, il est peu probable que l’IoT soit « complet ». Il ne le sera à priori jamais, pas plus que l’infrastructure actuelle des centres de données n’est complète. En revanche, on s’attend très probablement à ce que l’IoT atteigne un stade de développement suffisant au cours des deux prochaines années pour commencer à apporter une contribution significative aux modèles commerciaux.

CB Insights, qui estime que d’ici deux ans, presque tous les habitants de la Terre produiront 1,5 Go de données par jour, est peut-être une donnée plus intéressante. Les dépenses consacrées aux systèmes et services IoT passeront ainsi de moins de 500 milliards de dollars en 2013 à plus de 1,7 billion de dollars en 2019. D’ici 2022, CB Insight s’attend à ce que les infrastructures de pointe dépensent plus de 6,7 milliards à elles-seules.

Bien sûr, la technologie de pointe se compose d’une myriade de catégories et de sous-catégories, qui devraient toutes permettre un large éventail de cas d’utilisation. Des appareils et voitures intelligents aux villes intelligentes entières. S’il y a un thème dominant à cette base technologique, cependant, il s’agit de trouver des moyens de traiter l’énorme quantité de données de la manière la plus efficiente et la plus efficace possible.

L’Intelligence Artificielle à la rescousse

L’intelligence artificielle est l’une des technologies les plus fondamentales dans cet effort. Non seulement dans l’IoT, mais dans pratiquement toutes les infrastructures de données. Gartner prédit que des outils tels que le Machine Learning, les réseaux neuronaux, l’analyse autonome et d’autres applications devraient s’avérer précieux pour acheminer les données au bon endroit, les analyser dans le bon contexte et fournir les bonnes informations aux bonnes personnes. Dans de nombreux cas, ces mesures devront être prises en temps réel ou quasi réel. Par exemple lorsqu’une voiture autonome se déplace sur l’autoroute ou lorsqu’un dispositif médical connecté fournit un service de sauvetage à un patient.

En même temps, les systèmes intelligents devront déterminer eux-mêmes les données à traiter localement et celles qui doivent être acheminées vers des installations centralisées. Pour ce faire, il ne suffira pas d’automatiser le processus, mais il faudra un degré élevé d’autonomie dans lequel les machines décideront elles-mêmes de la façon de procéder dans un large éventail de circonstances.

Quelles compétences privilégier ?

De toute évidence, ces évolutions provoqueront la demande d’ensembles de compétences entièrement nouvelles. De plus, certaines compétences nécessaires aujourd’hui ne seront plus nécessaires. Une fois que les réseaux, par exemple, auront la capacité de s’approvisionner et de se configurer eux-mêmes, les responsabilités administratives traditionnelles s’estomperont tandis que les rôles plus stratégiques prendront de l’importance. IDC attire déjà l’attention sur le manque de professionnels qualifiés capables de superviser les processus pilotés par l’IA. Ceci deviendra un problème majeur étant donné que la plupart des organisations s’attendent à un taux de réussite d’au moins 90 % dans la mise en œuvre de l’IA sur l’infrastructure IoT au cours des deux prochaines années.

La conception populaire voudrait que l’intelligence artificielle fonctionne seule, sans surveillance humaine. Le fait est que pratiquement aucune solution intelligente ne fonctionnera correctement sans l’aide d’un informaticien compétent qui la guidera dans ses choix. Cela signifie que l’entreprise de demain qui fait face à l’IoT devra faire un choix :

  • Conserver le personnel informatique existant,
  • Sous-traiter les opérations intelligentes à des spécialistes,
  • Expérimenter directement avec des modèles open source.

Pour beaucoup, la dernière option est la plus intrigante. En effet, il semble qu’une grande partie de l’IoT sera basée sur une infrastructure ouverte. Comme Rocky Bullock l’a récemment expliqué, l’open source sera crucial. Par nature, il faudra mettre en place une large collaboration à travers un océan de systèmes et de plateformes. Certes, certaines solutions propriétaires prendront racine, mais même celles-ci nécessiteront une large interopérabilité avec leur environnement si l’on veut qu’elles puissent répondre aux attentes de la plupart des utilisateurs.

Pour finir…

De ce point de vue, on peut s’attendre à l’élaboration de normes ouvertes et interopérables pour réguler le large éventail de technologies qui sous-tendent l’IoT. Y compris les plates-formes intelligentes et automatisées. Pour l’instant, une grande partie de ce travail se fait au coup par coup par le biais d’organisations comme l’IEEE, l’OCP et le Telecom Infra Project (TIP). Cependant, il est raisonnable de s’attendre à ce que des solutions plus globales émergent.

L’IoT connaîtra sans aucun doute un développement continu dans un large éventail de fonctions, telles que la sécurité, la gouvernance etc. Mais l’accent sera mis, au cours de l’année à venir, sur la mise en avant de l’économie numérique des opérations actuelles qui se déroulent en grande partie dans l’ombre. Une fois qu’il sera devenu un générateur de services et de revenus à part entière, plutôt qu’une simple extension de l’infrastructure existante, nous pourrons dire que nous vivons dans un univers entièrement connecté.