À lire les argumentaires des grands opérateurs, le cloud hybride serait la solution à tous les maux de la DSI. Élasticité, montée en charge, coût, ce modèle alliant cloud privé et public conjuguerait le meilleur des deux mondes. À y regarder de plus près, la réalité est plus complexe et d’autres modèles méritent d’être explorés.

Après une première période d’évangélisation sur le cloud privé, la mode est désormais au cloud hybride. Porté par des cas d’usages spectaculaires à l’instar de Netflix, Deezer ou Spotify, l’hybridation du système d’information est censée apporter à la DSI toute la souplesse et l’agilité nécessaire pour répondre aux enjeux métiers. D’une part, je contrôle la majeure partie de mon SI sur un cloud privé et d’autre part, dans les cas de montées en charges temporaires ou de projets à déployer rapidement je vais chercher de la ressource sur un cloud public.

Ce modèle semble vertueux pour la DSI. D’autant plus devant les déconvenues du modèle de cloud privé, comme le détaille Christophe Lesur, Directeur Marketing et Avant-Vente de Cloud Temple, « Dans la plupart des cas la promesse du cloud privé n’a pas été tenue. Les entreprises ont choisi ce modèle pour garder les données en interne, mais la promesse du cloud c’est l’élasticité, soit l’antithèse du cloud privé. Quand il faut développer rapidement un nouveau projet pour répondre aux besoins métiers, la DSI s’aperçoit de la difficulté dès qu’il est nécessaire d’acheter et d’intégrer de la ressource supplémentaire. Face à des montées en charge très forte et limitée dans le temps, la DSI se retrouve en décalage avec le temps des métiers qui imposent une réactivité grandissante. »

L’illusion de la maîtrise des coûts

Face à ces promesses non tenues, les éditeurs tentent de proposer une alternative avec le modèle hybride qui permet de traiter les « débordements » des projets en utilisant de la ressource publique à la demande. « Quand la DSI se heurte aux murs d’évolutions et de « scalabilité » des différents métiers, elle se tourne vers le cloud public avec à la clé la promesse d’optimiser ses coûts. Une promesse difficile à tenir selon les usages : comment prédire la consommation ? La bande passante pour alimenter les bases de données ? comment savoir ce que ces ressources vont finalement coûter ? », explique Christophe Lesur.

Des logiciels inadaptés à l’hybridation

A cette difficulté s’en ajoute une seconde : des logiciels inadaptés. « Un logisticien avec un afflux de trafic pendant la période de Noël peut se dire que le cloud hybride est la solution magique pour gérer la charge additionnelle dans son ERP. C’est une vue de l’esprit. Les grands ERP du marché ne sont pas conçus pour ce type de fonctionnement. C’est vrai aussi pour la plupart des applications historiques. Seules les applications orientées Web répondent à ce modèle », renchérit Christophe Lesur. Ce qui explique la mise en avant par les éditeurs de Netflix, Spotify, Deezer pour illustrer l’usage du cloud hybride. Des start-ups avec une architecture orientée web et développée comme telle.

A contrario, la grande majorité des entreprises françaises doivent souvent composer avec leurs imposants logiciels de CRM, de facturation, de logistique et de gestion. Des logiciels historiques dont le développement se prête peu à ce modèle d’architecture.

D’autres voies sont possibles

La cause est entendue, l’architecture orientée web de Netflix ou de Deezer n’est pas représentative du système d’information type de l’entreprise française, qu’elle soit une ETI ou un grand groupe. Face au choix, la DSI a-t-elle des alternatives ? « Plusieurs acteurs innovants, dont Cloud Temple, ont développé des solutions qui allient le meilleur des deux mondes en proposant l’équivalent du cloud privé tout en ayant les caractéristiques du cloud public. Ces acteurs possèdent leurs datacenters, leurs infrastructures, de très gros volumes, de la redondance, etc. Avec ce type de structure, la DSI bénéficie des mêmes engagements de services que ceux proposés par Amazon ou Google. À savoir un paiement à l’usage avec l’élasticité nécessaire. L’idée est d’avoir en permanence de la ressource non affectée disponible immédiatement pour le client », conclut Christophe Lesur.

Au moment du choix, la DSI devra penser avant tout à son cas d’usage. Couplé avec l’historique de son SI, l’usage dictera le choix, qui n’est pas fatalement le cloud hybride mis en avant par le martèlement marketing.

Christophe Lesur

Directeur Marketing et Avant-Vente de Cloud Temple
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