Au-delà des progiciels non structurants, certaines entreprises font le choix d’externaliser une grande part de leur système d’information, voire la totalité de leurs applications, dans le cloud. Pour preuves l’Agence Nationale pour la Recherche ou encore les fromageries BEL.

Quand il s’agit de passer le pas du cloud, les entreprises choisissent souvent d’externaliser les parties non critiques de leur système d’information et de garder en interne leur informatique structurante. A contrario
de cette démarche, d’autres choisissent l’Infrastructure as a service comme solution pour se concentrer pleinement sur leur cœur de métier.

Ce choix d’opter pour une IaaS (Infrastructure as a Service), l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) l’a fait très tôt, dès 2007. A l’époque, l’ANR n’a que peu de ressources dédiées à l’informatique, des effectifs réduits
(une cinquantaine d’employés) et des locaux provisoires. Pour minimiser sa charge de gestion des infrastructures informatiques l’ANR commence par externaliser les applications peu critiques : bureautique, messagerie, stockage et partage de fichiers.

Une externalisation progressive

Au fil des jours, l’externalisation prend de l’ampleur et tend vers des applications métiers : application centrale de gestion des appels à projet, puis des développements internes sur des appels à projet spécifiques. C’est ensuite le tour de l’application budgétaire et comptable, sur progiciel SAP et base de données Microsoft SQL server. Pour sécuriser sa délégation de service, l’ANR met en place un plan de reprise d’activité sur SAP, un Help Desk de proximité (Nanterre) avec des techniciens dédiés chez le client couplé à un outil de gestion des incidents (basé sur GPLI), et un engagement sur la confidentialité des données. A ce jour, le système d’information de l’ANR est 100% cloud, déployé sur 70 serveurs répartis dans 4 datacenters.

BEL : un cas d’école du CLOUD d’infrastructure

Ce retour d’expérience positif de l’ANR est partagé par les fromageries BEL. Tout commence ici aussi en 2007, quand le groupe décide de revoir la gouvernance de son système d’information. Limiter l’hétérogénéité des SI disséminés à l’international, assurer le support de l’ensemble des services 24h/24 et 7j/7 par une plate-forme d’infrastructure robuste, industrielle, professionnaliser la DSI avec des équipes informatique internes exploitant les opportunités du numérique au service des métiers et activités du groupe, sont autant d’objectifs pour le DSI du groupe, Yves Gauguier. Pour les atteindre, plusieurs décisions seront prises, de la mise en place de SAP au niveau international à la réorganisation de la DSI en passant par des choix d’externalisation stratégiques. Que doit-on garder en interne ? Que peut-on externaliser et pour en tirer quels bénéfices ?

Très vite, le groupe constate qu’il ne peut pas opérer lui-même la plate-forme d’infrastructure haute disponibilité désirée, faute de ressources et de structure adéquate.  Pour pallier ces contraintes, Bel choisit de basculer vers un modèle “Infrastructure as a Service”.  Après un premier contrat, non satisfaisant, BEL changera de prestataire avec sous le bras un cahier des charges plus étoffé tant sur le suivi des services souhaités par applications que pour les engagements attendus en précisant leur nature en matière de haute disponibilité.

Plan de Reprise d’Activité, surveillance de l’espace de stockage, temps de réaction sur incident et services d’administration sont désormais des pré requis. BEL choisit aussi de scinder l’Infogérance technique et l’administration de SAP, deux métiers différents. « Bel portera son choix sur Cloud Temple (anciennement Intrinsec), spécialiste de l’hébergement et de l’infogérance Cloud et Oxya,  expert en administration SAP, pour basculer. Depuis cette migration BEL a non seulement réalisé plus de 30% d’économies, mais surtout les engagements de services pour les métiers ont toujours été respectés, jusqu’à rendre transparentes les montées de versions SAP. Yves Gauguier, convaincu par les qualités et la versatilité du IaaS, envisage maintenant ses projets d’innovation (applications Big Data, projets digitaux) sur ces mêmes infrastructures. »

Que ce soit l’ANR ou BEL, ces deux organisations ont atteint leur objectif grâce au cloud : fournir des services de qualité à ses métiers, sans que ceux-ci aient à se soucier des systèmes techniques sous-jacents. Des résultats dans les deux cas positifs qui font s’étonner les DSI respectifs de l’aspect parfois pusillanime des autres organisations à tenter l’expérience.